Bêta

Pourquoi le Royaume-Uni a-t-il quitté l’UE ?

Le Royaume-Uni a quitté l’UE le 31 janvier 2020 parce qu’une majorité d’électeurs, 51,9 %, a choisi la sortie lors du référendum du 23 juin 2016. Les partisans du départ ont surtout invoqué le principe selon lequel les décisions concernant le Royaume-Uni doivent être prises au Royaume-Uni, puis le contrôle de l’immigration.

Le Royaume-Uni a rejoint la Communauté économique européenne en 1973. Son appartenance a été discutée tout au long des décennies suivantes et, dans un discours du 23 janvier 2013, le Premier ministre David Cameron a estimé que le consentement démocratique à l’UE était devenu au Royaume-Uni « extrêmement mince » (wafer thin) et promis un référendum après une renégociation de la relation avec l’UE. Le vote a eu lieu le 23 juin 2016. Une majorité de 51,9 % s’est prononcée pour la sortie.

David Cameron, qui avait fait campagne pour le maintien, a annoncé sa démission dès le lendemain. Sa successeure, Theresa May, a notifié au Conseil européen l’intention du Royaume-Uni de se retirer le 29 mars 2017, en application de l’article 50 du traité sur l’Union européenne, qui organise la sortie d’un État membre. Après de longues négociations, l’accord de retrait est entré en vigueur et le Royaume-Uni a quitté l’UE le 31 janvier 2020. Une période de transition, pendant laquelle les règles européennes continuaient de s’appliquer, s’est achevée le 31 décembre 2020. Depuis le 1er janvier 2021, les relations sont régies par l’accord de commerce et de coopération.

Exemple

Les raisons du vote sont surtout connues par les sondages. Dans une enquête menée le jour du référendum auprès de 12 369 votants et publiée par Lord Ashcroft Polls le 24 juin 2016, 49 % des électeurs favorables à la sortie citaient comme raison principale « le principe selon lequel les décisions concernant le Royaume-Uni doivent être prises au Royaume-Uni ». Un tiers (33 %) estimait que la sortie offrait la meilleure chance de reprendre le contrôle de l’immigration et des frontières, 13 % que rester priverait le pays de tout choix sur l’élargissement de l’UE ou l’extension de ses pouvoirs, et 6 % attendaient des avantages économiques et commerciaux. Chez les partisans du maintien, 43 % jugeaient avant tout que les risques d’une sortie étaient trop grands pour l’économie, l’emploi et les prix. (Citations traduites de l’anglais.)

Débats et limites

Le sens du résultat reste débattu. Les partisans de la sortie y voient un vote pour la souveraineté et le contrôle démocratique. Ceux du maintien soulignent l’étroitesse du résultat et les divisions du pays : dans le même sondage, 73 % des votants de 18 à 24 ans avaient choisi le maintien, et 60 % des plus de 65 ans la sortie. Un sondage mesure les raisons déclarées, pas toutes les causes d’un vote, et chaque camp en interprète les résultats à sa manière. La frontière en Irlande a été l’un des sujets les plus difficiles de la négociation : l’accord de retrait comprend un protocole sur l’Irlande et l’Irlande du Nord, adapté en 2023 par le cadre de Windsor, afin d’éviter une frontière physique sur l’île.