Bêta

Le Royaume-Uni peut-il revenir dans l’UE ?

Oui, juridiquement, il le peut. Les traités prévoient qu’un pays sorti de l’UE qui veut y revenir doit déposer une candidature comme n’importe quel autre, selon l’article 49 du traité sur l’Union européenne, qui exige l’accord unanime des États membres et l’approbation du Parlement européen.

Les traités répondent directement à la question juridique. L’article 50 du traité sur l’Union européenne, celui que le Royaume-Uni a utilisé pour partir, se termine par cette phrase : « Si un État qui s’est retiré de l’Union demande à adhérer à nouveau, sa demande est soumise à la procédure visée à l’article 49. » Il n’existe pas de voie accélérée. Un pays qui revient est traité comme n’importe quel nouveau candidat.

L’article 49 décrit cette procédure. Tout État européen qui respecte les valeurs de l’Union peut demander à en devenir membre. Il adresse sa demande au Conseil de l’UE, et le Parlement européen ainsi que les parlements nationaux en sont informés. En pratique, la Commission rend un avis, puis le Conseil européen décide à l’unanimité d’accorder le statut de candidat, puis d’ouvrir les négociations. Celles-ci portent sur plus de 30 chapitres du droit de l’UE. À la fin, le Conseil doit statuer à l’unanimité, le Parlement européen doit donner son approbation à la majorité des membres qui le composent, et un traité d’adhésion doit être ratifié par chaque État membre et par le candidat, par un vote parlementaire ou par référendum selon la constitution de chaque pays.

Le candidat doit aussi remplir les critères de Copenhague, fixés par le Conseil européen en 1993 : des institutions stables garantissant la démocratie et l’État de droit, une économie de marché viable, et la capacité d’assumer toutes les obligations liées à l’adhésion.

Exemple

Les conditions dont bénéficiait le Royaume-Uni lorsqu’il était membre ne reviendraient pas automatiquement. Il disposait alors d’arrangements particuliers : il avait par exemple notifié qu’il ne participerait pas à la monnaie unique. Les traités ne garantissent pas que de tels arrangements seraient de nouveau proposés ; ils feraient partie de toute nouvelle négociation.

Débats et limites

Au 1er novembre 2026, le Royaume-Uni n’a pas déposé de demande. Le gouvernement travailliste élu en 2024 exclut un retour dans le marché unique, dans l’union douanière ou dans la libre circulation, tout en recherchant un partenariat plus étroit : le premier sommet UE-Royaume-Uni, le 19 mai 2025, a lancé un nouveau partenariat stratégique, comprenant un partenariat de sécurité et de défense. Les partisans d’un retour estiment que l’adhésion apporterait des avantages économiques et politiques ; ses opposants jugent qu’elle reviendrait sur le vote de 2016 et rétablirait des obligations que le pays a choisi de quitter. Savoir si, quand et à quelles conditions le Royaume-Uni pourrait se porter de nouveau candidat relève d’un choix politique des électeurs et des gouvernements britanniques, puis des 27 États membres.