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Qu’est-ce que l’espace Schengen ?

L’espace Schengen regroupe 29 pays européens qui ont supprimé les contrôles des personnes à leurs frontières communes. Il comprend 25 pays de l’UE ainsi que l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse ; Chypre et l’Irlande sont membres de l’UE mais n’en font pas partie.

L’espace Schengen est une zone où l’on peut passer d’un pays membre à l’autre sans contrôle aux frontières, comme si l’on voyageait à l’intérieur d’un même pays. Il couvre 29 pays : 25 des 27 États membres de l’UE et quatre pays extérieurs, l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse. Selon la Commission européenne, il concerne plus de 450 millions de citoyens de l’UE, ainsi que les ressortissants de pays tiers qui y résident ou y séjournent légalement.

Il doit son nom à Schengen, petite ville frontalière du Luxembourg, près de laquelle cinq des dix États membres de la Communauté économique européenne de l’époque ont signé un accord le 14 juin 1985. Les contrôles ont été levés pour la première fois entre sept pays le 26 mars 1995. Les règles de Schengen ont ensuite été intégrées au droit de l’UE.

La suppression des contrôles intérieurs va de pair avec des règles communes à la frontière extérieure. Les pays Schengen appliquent les mêmes conditions d’entrée, délivrent des visas de court séjour communs, partagent des informations grâce au système d’information Schengen et font coopérer leurs polices et leurs autorités judiciaires. Une personne contrôlée à la frontière extérieure d’un pays Schengen l’est, en pratique, pour tous.

Deux pays de l’UE restent en dehors. L’Irlande bénéficie d’une exemption et garde sa propre politique de visas et de frontières. Chypre participe à la coopération Schengen, mais le Conseil de l’UE n’a pas encore décidé de lever ses contrôles aux frontières intérieures ; la Commission indique que son intégration est en cours.

Exemple

La Bulgarie et la Roumanie sont entrées en deux temps. Les contrôles aux frontières intérieures aériennes et maritimes ont été levés le 31 mars 2024, puis ceux aux frontières terrestres le 1er janvier 2025, en application de la décision (UE) 2024/3212 du Conseil. Depuis, un camion qui va de Roumanie en Hongrie ne s’arrête plus pour un contrôle à la frontière.

Débats et limites

Les pays Schengen peuvent réintroduire temporairement des contrôles à leurs frontières intérieures, mais seulement en dernier recours, en cas de menace grave pour l’ordre public ou la sécurité intérieure, et en le notifiant aux autres institutions et au public. Au 1er novembre 2026, sept pays appliquaient de tels contrôles selon la liste de la Commission (Allemagne, Autriche, Danemark, France, Norvège, Pologne et Suède), en invoquant la pression migratoire, des menaces pour la sécurité, ou les deux. Les gouvernements concernés les jugent nécessaires ; leurs critiques, parmi lesquels des travailleurs qui franchissent la frontière chaque jour, estiment que des contrôles répétés affaiblissent l’un des acquis les plus concrets de la construction européenne.